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jeudi 23 avril 2009

On est tous des "Croique" !!!

Bonjour à tous,

Vous trouverez ci-dessous les prémisses d'un concept philosophique que je suis en train de développer avec quelques collèges virtuels. Votre participation est la bienvenue...



Concept du CROIQUE :

Le néologisme « croique » est évidemment l'acronyme des mots « croire » et « que ».
Le fait de rassembler les deux mots en un seul permet de redéfinir le mot unique.

Pitch :

Se savoir Croique, c’est comprendre que chacun l’est !

Explication du concept du Croique :

Le Croique est à l’humanité, ce que le Credo est aux Chrétiens.
Le croique est un adjectif à placer devant ses convictions spirituelles. Un Croique peut tout aussi bien être Musulman, Catholitque, Juif, boudiste, panthéiste, déiste, hindouiste, athée, agnostique, matérialiste, créationiste, rationaliste, animiste... etc...
Il n'y a pas un dieu pour tous dans le concept du Croique, ni de dieu pour personne. Chacun a son opinion stricte et personnelle.
Nos certitudes sont le fruit d’un long cheminement conscient et inconscient ce qui nous permet d’avoir une opinion. Opinion qui peut encore évoluer au bénéfice du futur, suivant une information qui ne nous est pas encore parvenue.
Le Croique n’affirme pas que tout le monde peut changer d’avis, mais que tout le monde en a un et que personne ne peut dire de quoi sera fait demain. Tout au plus, certains « croique » prétendent qu’ils peuvent le savoir.
Au lieu d’attiser sur le feu nos différences, pourquoi ne pas s’y réchauffer autour ce qui nous ressemble le plus. Chacun de nous et peu importe le lieu de notre naissance, notre parcours, notre expérience, chacun de nous croyons que...
Les trois petits points de suspenssion ne sont que la suite de nos différences subtiles et personnelles. Différences qui cultivent le savoir universel.


Définition du Croiquisme :

Ils ont cru, on croit, ils vont croire. Ils en étaient certains, nous le sommes et ils le seront.
Le concept du Croique est un des dénominateurs commun entre tous les humains de tout age. Le concept du “Croique” n’est pas une religion, mais un préliminaire souvent nécéssaire aux questions spirituels. Etre Croique conscient, c’est avoir des certitudes, mais concevoir qu’elles appartiennent au présent, que nul ne peut dire de quoi sera fait demain, que notre avis n’est que notre avis, qu’ils n’est jamais celui d’un autre, même s’il est fort semblable.
Le Croiquisme est un trait d’union souhaitable afin que toutes relations et échanges sur les questions spirituelles se passent bien. C’est un pont cherchant à joindre les deux bouts de nos différences. Le Croiquisme est un préliminaire qui relativise notre rapport à l’autre en le rendant équitable. Un peu comme une formule de politesse qui voudrait dire : je pense ça, mais ça n'engage que moi ! Tout comme les préliminaires lors d’une relation sexuelle, le croiquisme peut rendre un moment fort pénible, en moment fort agréable. Transformer un acte bestial en volupté, un attentat en une conversation civilisée.

Explication du concept du Croique par un exemple littéraire :

Dans l’Iliade et l’Odyssée d’Homère, l’auteur décrit Hélène (la femme pour qui la guerre de Troie aura lieu) comme la plus belle femme au monde. Elle n’est point grande ou petite, grosse ou mince, blonde ou brune ; elle est juste la plus belle femme au monde. Le lecteur se l’imagine à sa façon, selon sa représentation de la femme parfaite. Cette plus belle femme au monde est donc différente pour chacun des lecteurs, mais pourtant unique pour l’auteur.
Il en va de même pour les questions spirituelles que l’on peut se poser. Dieu existe, dieu n’existe pas, la vie après la mort, le sens de notre vie ?
Dieu existe pour celui qui s’imagine qu’il existe et il n’existe pas pour celui qui s’imagine le contraire. Chacun a sa façon d’interpréter les éléments que l’on a à disposition. Même quand on adhère à un discours religieux en particulier, on ne fait jamais que de l’interpréter à notre façon. Il y a toujours des points communs qui nous relient, c’est le sens sociétale des religions, mais il y a aussi toujours des sujets de dissensions, des petits points de détails qui marquent notre différence avec le discours initiale.

Mode d’emploi pour devenir un Croique Conscient :

Tout d’abord, être un croique conscient ou inconscient ne relève par d’un ordre de grandeur, mais juste d’un état d’esprit. Etre croique conscient ne confère aucun avantage et ne fait pas de nous quelqu’un de meilleur, mais rappelle que nous sommes unique par ce que nous croyons. En conséquence, conscient ou inconscient, nous sommes avant tout des Croiques.
Pour devenir un Croique Conscient, il suffit de le décider, d’écrire son Croique sur une étiquette * et ensuite de le ranger quelque part. Pas besoin d’une tierce personne pour valider votre Croique.
On peut toujours ajouter une étiquette, afin d’affiner, de peaufiner, de changer complètement son Croique, mais jamais en retirer car cela serait occulter notre passé. La dernière étiquette étant la seule à prendre en considération, puisque c’est la seule qui se trouve en harmonie avec l’état d’esprit qui nous habite.
L’ensemble de nos étiquettes ou notre étiquette sera représentatif de notre parcours spirituel.
Le fait de ranger son Croique quelque part suggère la nécessité de mettre de côté, une fois qu’on y a répondu, les grandes questions sans réponses afin d’avoir l’esprit libre pour répondre aux questions sommes toute moins fondamentales, mais dont les réponses restent-elles, accessibles.

* L’idée d’écrire son Croique sur une étiquette est une recommandation symbolique. Cela suppose enlever un préjugé et écrire dessus ce dont on a jugé. Concrètement une feuille, même virtuelle, fera parfaitement l’affaire.

Différence entre le concept du Croique et la laïcité :

La laïcité, garante de la séparation de la raison étatique et des pouvoirs religieux, est là pour vérifier, en respectant la liberté de pensée, que chaque groupement religieux est bien à sa place et qu’il n’en sort pas. Ce qui est fort bien.
Le concept du Croique ne s’occupe pas de la notion de groupe et reste seulement dans une sphère limitée à l’individu.
La laïcité et le croiquisme ont cependant un point commun. Ils sont tous les deux des préfixes d’une croyance ou d’une non croyance et pas une croyance ou une non croyance à part entière.


... Découvrez la suite du concept en cliquant ici...


Votre Croique et vos remarques sur ce concept sont plus que les bienvenues. Le concept étant toujours en cours de develloppement, toutes les remarques pertinentes seront prisent en considération.

Bien à vous,

JF Jacobs

mercredi 22 avril 2009

L' ÉLYSÉE BÉNIT LES DIPLÔMES CATHOS

Sous ce titre Le Canard Enchaïné du 22 avril 2009 a publié un article qui décrit très bien la situation et auquel il n'y a rien à ajouter ni à retrancher. Jugez vous-mêmes.

" Sarko vient donc de torpiller un des piliers de la laïcité. Un décret du Président de la Répuiblique paru le 19 avril au Journal Officiel, abolit de facto une vieille loi de 1880 qui enlevait auix établissements catholiques le droit de distribuer des diplômes universitaires reconnus par l'État.

Le décret légalise les termes d'un accord signé le 18 décembre dernier, entre le Saint-Siège et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner portant sur la reconnaissance mutuelle des diplômes. Désormais seul un hypothétique recours devant le Conseil d' État pourrait faire capoter cette oeuvre impie.

L'accord s'applique en effet aussi bien sur le territoire du Vatican qu'en France aux universités catholiques, facultés ecclésiastiques et établissements supérieurs dûment habilités par le Saint-Siège. En clair, les facs cathos qui enseignent aussi bien la théologie que la médecine, les lettres, le droit ou l'économie, pourront elles aussi délivrer des doctorats, des masters ou des licences.

Devant les protestations des présidents d'universités, Kouchner et la collègue des universités Valérie Pécresse, avaient enclenché en janvier dernier une timide marche arrière. Dans un communiqué les ministres avaient déclaré que le décret ne concernait que les disciplines canoniques. Mais le Vatican ne l'entend pas de cette oreille. Comme le souligne LA CROIX du 24 avril, la nonciature apostolique rapelle que l'accord s'applique également aux matières profanes.

De toutes façons l'Église est sûre de rafler la mise : l'accord signé par Kouchner a confié à la seule Congrégation pour l'éducation catholique le soin de rédiger le liste des institutions et des diplômes concernés.

À ce train là Sarko va finir par être béatifié".

Merci à Louis Ballester pour ce message. N'hésitez pas à visiter son blog pour découvrir sa propre pierre tombal. la première tombe athée en france, c'est ici...

jeudi 12 mars 2009

Athée avec un grand A


Voici un excellent article du grand Martin Petit, humoriste et philosophe Canadien... Un grand merci à lui pour ses bons mots et pour son accord pour la parution de ce texte sur mon blog. N'hésitez pas à découvrir le sien, c'est ici...

Il nous manque quelques références canadiennes pour comprendre toutes les allusions (notamment sur les politiques), mais l'essentiel est ailleurs...

Bonne lecture...


Athée avec un grand A

Athée risque?

Je suis devenu tabou. Moi et toutes les personnes athées du monde entier. Car « athée » (et non Karaté) est reconnu officiellement comme un tabou par notre divertissant ministère de l’éducation qui juge le terme « trop négatif » pour les oreilles de nos petits Einstein.

Je lisais cette nouvelle en déjeunant samedi, et j’ai eu peur d’avoir manger des céréales à remonter dans le temps ! Sommes-nous encore en 2008 ou en 1816? Je pensais que le suicide assisté et les pratiques sexuelles incluant des excréments étaient tabous. Mais être athée !? Vraiment ? Mon gouvernement m’inquiète.

Car je suis un authentique pratiquant athéiste. Je ne suis pas une brebis égarée qui croit aux Canadiens quand ça va bien et en Dieu quand ça va mal. Je suis homme d’aucune religion, je n’ai même pas de carte air miles, c’est vous dire comment je ne suis pas proche d’aller au ciel!

J’aimerais que la souriante ministre m’explique comment 800 000 000 d’athées de par le monde, deviennent un groupe tabou? Même Dieu est athée, car Dieu ne peut pas croire en une force supérieure à lui-même, il est donc athée ou immensément confu, un mystère que je laisse à d’autres le soin de percer.

Les jeunes entrent au primaire déjà déçus d’apprendre que le Père Noël n’est rien d’autre que tonton Sylvain, donnons leur un peu de répit. D’ailleurs ce n’est pas un cours de religion qui manque aux enfants, c’est un cours d’enseignement des adultes. Un cours qui leur expliquerait qui sont ces extra-terrestres narcissiques qui insistent tant pour les déformer à leur image.

Tentative d’explication religieuse pour les jeunes :

Dieu (God) : Nom masculin. Difficile à croire mais Dieu est un concept religieux responsable de la création du soleil, de la terre, des kiwis et des hommes. Être tout-puissant, il a attendu que l’homme découvre l’alphabet pour écrire son best seller, la Bible. Véritable succès de librairie, ce livre sacré raconte, entre autres, comment Dieu a massacré les populations de Sodome et Gomorrhe pour excès de sodomie. Dans un autre passage cocasse, on y apprend comment Dieu a aussi tué tous les habitants de la planète en les noyant. Un one-man show inspiré de ce texte est présentement en tournée au États-Unis.

lundi 9 mars 2009

Non, l'athéisme n'est pas une religion...

Je reçois souvent des commentaires me disant que je suis un extrémiste de la religion de l’athéisme. Que je suis un croyant et que mon action voulant démontrer la supercherie du dieu monothéiste n’est que du prosélytisme athée.

A doctrine, je préfère attitude et à prosélytisme, je préfère engagement.

Un engament tout relatif, une requête bien légitime : le droit de m’exprimer sans passer systématiquement pour un provocateur.

Non, l’athéisme n’est pas une religion.

Le terme religion désigne un ensemble de rites, croyances généralement théistes, ...

Rites : Un rite est une séquence d'actions stéréotypées, chargées de signification (action « symbolique »), et organisées dans le temps...

Quels sont les rites de l'athéisme ? Je devrais les connaitre puisque je suis athée ! Vais-je bruler dans l'enfer des athées ?

Me voilà devenu à mon corps défendant un religieux de la non croyance parce que je pense que s’il existe une possibilité d’une entité créatrice inconsciente de notre présence, elle n’est certainement pas à notre image !

On me dit que j’ai la foi, mais une foi inversée !?! Je suppose qu’il y en a une bonne et une mauvaise. Un mystère de plus.

Bien, imaginons que je crois que dieu est à l'image d'un kangourou et je vénère les kangourous (voir la bible du kangourou). Heu… Merci de respecter ma croyance et vous pouvez en rire si vous voulez. Je ne vous en voudrais pas, ce n’est pas de votre faute, vous ne pouvez pas savoir…

Un catholique ne croit pas que dieu est à l'image d'un kangourou, ce qui fait donc de lui (en suivant le raisonnement qui fait de moi un religieux athée) un adepte de la religion de ceux qui ne croient pas que dieu est à l'image d'un kangourou.

J'ai un ami un peu dingue qui croit (le pauvre) que dieu est à l'image du feu, ce qui est bien embêtant pour lui car chaque fois qu'il voit quelqu'un s'allumer une clope, il est obligé (pour ne pas bruler en enfer, voir la bible du feu) de fermer les yeux et de réciter à voix haute une prière de 10 minutes.
Un catholique ne croit pas que dieu est à l'image du feu, ce qui fait de lui également un adepte de la religion de ceux qui ne croient pas que dieu est à l'image du feu.

Un catholique a donc plusieurs religions. Les voilà adeptes des religions de ceux qui ne croient pas que dieu est à l'image d'un musulman, d'un juif, d'un orthodoxe, d'un protestant, d’un panthéiste, d’un agnostique, d’un déiste, d’un spiritualiste, d’un matérialiste, d'une poule, d'un étron, d'une bière, du rien...

Avouez que c’est du n’importe quoi ! Si je ne suis pas un adepte d'une religion, cela ne fait pas de moi un adepte d'autre chose. On est adepte ou on ne l'est pas. On n'est pas adepte ou adepte du non adepte !

A votre avis, un chrétien a-t-il une religion ou plusieurs ?

Pourquoi la réponse est évidente pour un catholique et si compliqué pour un athée ? Si un chrétien ne croit plus en dieu, il quitte sa religion. Il peut se convertir à une autre ou ne plus en avoir, par exemple en devenant athée. L’athéisme n'est donc pas une religion...

Ainsi soit-il…

Mon dieu que c'est triste !

Je n'aime pas aller dans le sensationnel de l'actualité, mais là, l'hypocrisie est vraiment abjecte.

L'archevêque de Recife (nord-est du Brésil) a excommunié jeudi la mère de l'enfant (9 ans !), qui a avorté de jumeaux alors qu'elle était enceinte de quinze semaines, à la suite d'un viol par son beau-père. L'excommunication a été étendue à toute l'équipe médicale qui a pratiqué l'opération. "C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées" déclare l'archevêque.

Selon cette personne grassement payé par sa religion dans un pays magnifique où la misère vous désole, un embryon fécondé dans le ventre d'une petite fille de neuf ans est un être innocent. Amen

Pourtant, une fois en vie, l'innocence disparait et l'on devient un misérable pêcheur qui doit se repentir ! Alleluia

Il y en a qui ne manque pas de culot pour se faire bien voir par leur direction...

lundi 2 mars 2009

Science et religion, une fausse symétrie...

Je rumine ma pensée, mais ne la domine pas avec dextérité. Parfois, je l'exprime et souvent, je me perds en digression. Heureusement, il y en a d'autres qui sont plus clair que moi...

Cet article et le précédent sont de la plume du Professeur Jean Bricmont.

Je le remercie vivement de me laisser le loisir de les poster sur ce blog.

Jean Bricmont Professeur de physique théorique à l'UCL

Dans Le Soir du 12 février, un collectif de professeurs de l'UCL et des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix rendaient hommage à Darwin, en critiquant à la fois le créationnisme et l'interprétation « unilatérale (de l'évolution) par les matérialismes » ainsi que le « réductionnisme absurde » de certains scientifiques qui « prétendent fonder l'athéisme de conviction sur l'athéisme méthodologique de la science ». Cette façon de rejeter dos à dos les créationnistes et les « matérialistes » permet aux intellectuels chrétiens modernes de présenter leur position comme une sorte de juste milieu. Mais cette façon de « sauver » la religion est illusoire.

Tout d'abord, pour bien comprendre l'impact de la science (et pas seulement du darwinisme) sur la vision religieuse du monde, il faut se rappeler ce que celle-ci était, mettons au XVIIIe siècle. À l'époque, la Bible était considérée comme un livre d'histoire et, donc, était prise à la lettre. La morale était définie par les prescriptions religieuses dont le respect était garanti par la peur de l'enfer. La vie quotidienne était remplie de récits de miracles et de prières exaucées. De plus, cette vision était imposée dès l'enfance et était rarement critiquée, vu que des États absolutistes la protégeaient par des moyens totalitaires. La religion remplissait toute l'existence humaine et ne se réduisait pas à une simple méditation sur le « sens ».

C'est cette vision du monde qui est devenue petit à petit intenable face aux progrès des sciences et au développement de la réflexion critique. Il est d'ailleurs assez injuste de taxer de « fondamentalistes » ceux qui, aux USA et dans le monde musulman adhèrent encore à cette vision des choses – ils sont simplement « vraiment » religieux, au sens que ce terme a eu en Europe pendant des siècles.

Il n'est par conséquent pas étonnant que les Églises se soient opposées à tous les progrès scientifiques, pas seulement à Galilée et Darwin, mais aussi à Buffon, à la géologie, au paratonnerre, à la vaccination, à l'anatomie et à la dissection, ou à l'étude scientifique de l'esprit. Dans toutes ces batailles, les Églises ont fini par être vaincues. En ce qui concerne les savants chrétiens, il faut bien constater qu'il y en a de moins en moins. Dire qu'il n'y a pas de conflit aujourd'hui entre science et religion, c'est comme dire qu'il n'y avait pas de conflit entre la France et l'Angleterre après Waterloo.

La notion de « matérialisme », critiquée comme « unilatérale » par le collectif de professeurs, peut prendre beaucoup de sens différents, mais une notion minimale consiste à affirmer la continuité entre l'homme et le reste du monde naturel, c'est-à-dire à penser qu'il ne faut pas invoquer une âme détachée du corps ou un principe vital irréductible à la physico-chimie pour expliquer l'esprit ou la vie. Mais c'est exactement ce que signifie l'évolution des espèces, combinée au rejet du vitalisme en biologie. Loin de se tenir à mi-chemin entre créationnisme et matérialisme, l'évolution des sciences a apporté un soutien énorme à la vision matérialiste du monde.

Face à cela, les chrétiens modernes acceptent la science et l'évolution et se réfugient dans un discours sur le « sens » ou la « signification », qui est supposé transcender le discours scientifique, mais qui est surtout extrêmement édulcoré par rapport au discours religieux classique. Cependant, même cette échappatoire pose de nombreux problèmes.

En effet, si le « sens de l'existence » consiste en une vie après la mort (et s'il ne s'agit pas de cela, qu'est-ce que cette expression peut bien vouloir dire ?), demandons-nous ce qui se passe avec une personne de 80 ans qui décède dans un état comateux. Reste-t-il dans cet état pour l'éternité ? Revient-il à un état antérieur, celui qu'il avait à 60 ans, à 40, à 20 ? Voilà typiquement une question à laquelle « la science n'a pas de réponse ». Mais qui en a ? La théologie ? Est-il rationnel de tenter d'y répondre en interprétant des textes supposés sacrés, remplis d'incohérences et qui se trompent sur la plupart des faits vérifiables ? Faut-il au contraire répondre à ce genre de questions en faisant confiance à son intuition ? Faire de cette réponse un choix arbitraire ? Un acte de foi supplémentaire ? Combien de tels actes sont nécessaires ? Tout le discours religieux sur le « sens de l'existence », qui est supposé appartenir à « un autre ordre » que celui de la science peut passer pour plausible tant qu'on ne lui donne aucun contenu et qu'on ne se pose pas de questions concrètes à son sujet ; mais dès qu'on le fait, et on peut multiplier ce genre de questions à l'infini (que signifie la toute-puissance divine par exemple ?) la vacuité de ce type de discours métaphysique devient manifeste.

Pour rendre compatibles les visions scientifiques et religieuses du monde, les chrétiens modernes doivent imaginer qu'un dieu tout-puissant a choisi de créer le monde, de le laisser évoluer selon les lois de la physique, de laisser agir un processus extraordinairement brutal (la sélection naturelle) et a décidé un beau jour de donner une âme immortelle à un individu dont les parents étaient de simples animaux. C'est évidemment possible, mais pas très plausible. De plus, comme le faisait remarquer Bertrand Russell, « N'y a-t-il pas quelque chose d'un peu grotesque dans le spectacle d'humains tenant un miroir devant eux et trouvant ce qu'ils y voient assez parfait pour démontrer qu'un dessein cosmique y tendait dès l'origine ? » (Science et religion, Gallimard).

Avant d'appeler les scientifiques à « prendre conscience du caractère inéluctablement partiel de leur savoir », les intellectuels chrétiens feraient peut-être bien de s'interroger sur la cohérence de leur propre discours. Et comprendre que ce n'est pas seulement la science, cette idiote, qui est limitée, mais l'esprit humain tout entier.

Au début de l'ère moderne, Francis Bacon faisait remarquer que la vérité émerge plus facilement de l'erreur que de la confusion. La religion classique était une gigantesque erreur, contre laquelle la science moderne s'est en grande partie construite ; le christianisme moderne, quant à lui, a simplement remplacé l'erreur par la confusion.

Avons-nous besoin d’illusions ?

par Jean Bricmont - SPS n° 281, avril 2008
Ce texte a été publié dans le quotidien Le Soir, Bruxelles 22 décembre 2007.

Merci encore à l'auteur de cet article pour la libre circulation de sa réflexion.

Discuter de l’utilité des religions permet d’éviter de poser une autre question, première et fondamentale, celle de la vérité des doctrines religieuses. Dans le temps, les chrétiens ne nous disaient pas que la religion soulage, fonde nos valeurs ou donne un sens à la vie, mais qu’il est vrai que Dieu existe, qu’il y a une vie après la mort, un ciel et un enfer, que Jésus est mort pour nos péchés etc. Et c’était parce que ces doctrines étaient vraies que la religion avait une dimension morale.

La vérité des doctrines religieuses s’appuyait soit sur des arguments a priori – les « preuves » métaphysiques de l’existence de Dieu – soit sur des arguments a posteriori, principalement sur l’idée que le monde, dans toute sa complexité, ne peut pas surgir de « rien » ni être « dû au hasard ».

C’est une erreur fréquente de croire que la science a réfuté ces idées, en apportant une réponse non religieuse à ces questions (par exemple, le darwinisme comme explication de l’origine de la complexité). En effet, les croyants peuvent, et pourront toujours, déplacer les questions et en trou-ver d’autres auxquelles la science ne répond pas. Mais la science, ou plu-tôt les philosophies qui se sont appuyées sur elle (matérialisme, empirisme, positivisme logique) ont changé l’idée que nous avons de ce qu’est une réponse valide à une question donnée.

D’un point de vue scientifique, invoquer comme explication d’un phénomène quelconque, l’univers par exemple, un être tel que Dieu dont on n’a aucune connaissance, même indirecte, et qu’on ne peut caractériser d’aucune façon précise, revient à dire « on ne sait pas » ou « c’est dû au hasard ».

Les atomes, par exemple, ne sont pas directement observables, exactement comme Dieu – mais la théorie atomique, contrairement à toutes les doctrines théologiques, a des conséquences spécifiques, précises et observables. La science moderne a permis d’élever les normes de ce qui peut être considéré un savoir véritable et, par là même, nous a permis de comprendre que le discours religieux est une pure illusion.

Pour ce qui est des arguments a priori, la critique empiriste, au moins depuis le 18e siècle, a montré que ceux-ci étaient pertinents en logique et en mathématique mais ne nous apprenaient rien sur le monde réel (y compris sur des sujets tels que Dieu).

Comme argument en faveur de la religion, il y avait aussi évidemment la Révélation – qui était sans doute l’argument le plus populaire – mais, lors-que l’on s’est rendu compte de la multiplicité de ces « révélations », pratiquement chaque tribu au monde ayant sa propre « parole sacrée », on a compris qu’il est impossible, sans faire de raisonnement circulaire, de déterminer quelle est la vraie révélation, ni d’ailleurs, à l’intérieur d’une révélation don-née, de déterminer quelle est la « bonne » interprétation des textes « sacrés ».

La contribution directe des sciences – géologie, cosmologie, archéologie – à la réfutation de la religion, est d’avoir montré que les textes religieux sont presque entièrement faux là où ce qu’ils disent est vérifiable. Il faut alors beaucoup de bonne volonté pour imaginer une divinité toute-puissante et omnisciente qui nous révèle de grandes vérités métaphysiques et morales dans des textes où elle nous trompe systématiquement (et forcément de façon délibérée, vu qu’elle est omnisciente) sur tous les faits vérifiables. Et si la faute en incombe aux pauvres humains qui ont transcrit maladroitement ces « vérités », alors pourquoi ne pas se méfier d’eux également lorsqu’ils nous parlent de valeurs et de morale ?

C’est après avoir été vaincus sur le plan scientifico-philosophique que les croyants ont adopté la position de repli, si courante aujourd’hui (et acceptée, malheureusement, par bon nombre de laïques), qui consiste à justifier la religion par son « utilité ». Celle-ci est souvent présentée sous une double forme, soit comme fondement de la morale, soit de façon plus vague, comme nous fournissant « du sens ».

Pour la première idée, imaginons un texte sacré qui prescrit que, lorsqu’on met ses chaussures, on doit mettre la chaussure droite avant la gauche [1]. Il est évident que cela ne rendrait pas cette action bonne et l’action contraire mauvaise. Par conséquent, il doit bien exister en nous une notion de bien et de mal, peut-être vague, mais indépendante de toute doctrine religieuse. En réalité, dans la mesure où les prescriptions religieuses nous paraissent morales, c’est uniquement parce qu’elles coïncident avec notre sentiment non religieux de bien et de mal. Mais alors, à quoi servent ces doctrines ?

Bien sûr, on peut donner un sens banal à l’idée que la religion fonde nos valeurs, sens qui a été historiquement celui qui a permis à la religion d’être le « fondement » de la morale (et que les chrétiens libéraux modernes essayent d’oublier) : la peur de l’enfer. Mais cela suppose évidemment que l’on arrive à se convaincre de l’existence de celui-ci et, de plus, cela nous ramène à la question, première, de la vérité des doctrines religieuses.

Finalement, il y a la question, très vague, du « sens ». Mais si l’on admet que les doctrines religieuses sont fausses, en particulier l’idée de vie après la mort, et que la religion n’apporte aucun éclaircissement sur le bien et le mal, il est difficile de comprendre ce que peut bien vouloir dire l’idée que la religion donne un « sens à la vie ».

Il me semble que rien ne peut mieux illustrer la déroute intellectuelle du christianisme au 20e siècle que le fait qu’aujourd’hui, ce sont les croyants qui insistent sur l’aspect « consolation » ou « morale » de la religion, plutôt que sur sa vérité. Ce sont eux qui soulignent que la religion est l’opium du peuple, même s’ils utilisent d’autres mots, comme « valeur » ou « sens de la vie », et considèrent que nous avons besoin de ce genre d’opium. Si ces positions de repli sont adoptées, c’est parce que les croyants eux-mêmes ont compris qu’il est difficile de trouver des arguments valides en faveur de l’existence de Dieu ou de l’immortalité de l’âme, mais refusent de l’admettre ouvertement, et surtout d’accepter les conclusions radicales que cela implique pour les aspects « moraux » de la religion qu’ils espèrent sauvegarder.

Finalement, si l’on pense, comme Bertrand Russell, aux « millions de victimes innocentes qui sont mortes dans de grandes souffrances parce que, dans le temps, les gens ont réellement pris la Bible comme guide de leur conduite » [2], on ne peut que se réjouir du recul progressif de la religion depuis le 18e siècle en Europe, et voir cela comme une étape importante dans l’histoire de l’émancipation humaine.


[1] Bien sûr, cet exemple, emprunté au philosophe Thomas Nagel, est imaginaire, mais il existe d’autres prescriptions, alimentaires par exemple, qui sont bien réelles et tout aussi absurdes.

[2] Bertrand Russell, Religion and Science, Oxford, Oxford University Press, 1961.

vendredi 20 février 2009

Ce n’est pas moi, c’est dieu qui le dit !

Voici un texte qui circule largement sur le Net... Il a bien été envoyé par un auditeur à cette Laura Schlessinger, après un de ses prêches radiophoniques (2ème émission la plus écoutée aux EU, alors que Dr Laura fait partie d'une secte juive intégriste ultra minoritaire...). Cet auditeur, nous l'appellerons : l’athée inconnu…


(Merci à http://www.nicolas-bacchus.com/ pour les informations ci-dessus)


Si c’est Dieu qui le dit alors… Nous savons bien qu’il faut interpréter un texte suivant l’époque à laquelle il a été écrit, puisque son auteur ne peut être qu’influencé par son environnement.

Naturellement, il ne peut en être de même pour les textes divins où l’auteur n’est plus qu’un scribe, un récepteur d’un message omniscient qui retransmet à l’identique par la force de dieu...

Bref, comment décréter les passages divins et les passages humains de la bible ?

Non, décidément, il vaut mieux tout prendre pour argent comptant... Et voilà ce qui arrive :


Une célèbre animatrice radio US (Dr Laura Schlessinger) fit remarquer que l'homosexualité est une perversion. "C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination". La Bible le dit. Un point c'est tout", affirma-t-elle.

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait :

Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils quant à d'autres lois bibliques.

- Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?

- Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ?
Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?

- J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, Chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière ?

- Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?

- Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester.
De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14?

Je me confie pleinement à votre aide.

L’Athée Inconnu

jeudi 19 février 2009

Une fois n’est pas coutume, je ne reçois pas que des insultes…

Permettez-moi de partager avec vous un mail que j’ai reçu dernièrement.

En dehors du fait qu’il m’a évidemment fait plaisir, je le trouve plein de bon sens.



Bonsoir,

Je tiens à vous remercier pour votre blog, dont j'ai trouvé l'adresse sur le site: http://atheisme.free.fr

Le consulter est un plaisir pour tous ceux qui, comme moi, en ont assez de l'évolution à reculons de notre société dans le domaine de la croyance religieuse.

Personnellement, après une (bien trop longue) période d'égarement dans un système sectaire, j'ai enfin trouvé il y a quelques temps la force de balancer toutes les inepties que je croyais la base de ma vie pour m'apercevoir, miracle! (Plaisanterie bien sur) que je ne vivais soudain que mieux, malgré tous les tourments qu'on m'avait promis et que la disparition de la chape de plomb me laissait voir une réalité pas toujours souriante ni forcément prometteuse, mais en revanche avec cette merveilleuse sensation de choisir seule ma route et mes valeurs.

Voir que je ne suis pas la seule à chercher une autre façon de vivre sans les entraves du kit du prêt-à-penser est un vrai plaisir, car la découverte de ma liberté nouvelle va hélas de pair avec le renoncement au réconfort factice du bloc des croyants solidaires...

Tout ce qui peut causer le moindre soupçon de réflexion chez ceux encore enfermés dans leur foi tueuse d'esprit critique est positif, même s'il faut du temps pour que des résultats apparaissent.

Longue vie en tout cas à votre blog qui, s'il renverse les idées trop formatées, ne porte en rien atteinte aux libertés de ceux qui vous lisent. Ce qui n'est sans aucun doute pas toujours le cas de vos détracteurs.

Merci donc de contribuer à semer ces graines de lucidité bien saine dans leurs champs d'hallucinogènes soporifiques...

J'espère que vous continuerez longtemps.

Bien cordialement,

A-L

Merci pour vos encouragements...

lundi 15 septembre 2008

La tournée du papacadémie


Voici ci-dessus un bon article sur la venue du pape en France. Vous pouvez retrouver l'auteur sur son propre blog. Source à la fin du message. Bonne lecture...


REMBALLE TON PAPE !

Les 12, 13 et 14 septembre prochain, le Pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger) sera pour la première fois en France, invité par Nicolas Sarkozy. Cette présence du Chef du Vatican, cautionnée par l’Etat français, est inacceptable et constitue une attaque contre le mouvement social pour plusieurs raisons.



Une attaque contre la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Par cette invitation, Nicolas Sarkozy confirme sa position sur une « laïcité positive » qui ne devrait pas avoir « le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ». Il n’hésite pas à promouvoir l’intrusion de la pensée chrétienne dans les affaires publiques quand il dit que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Malgré les protestations, la rentrée prochaine verra « l’éducation civique » remplacée une « l’instruction civique et morale » aux relents de catéchisme républicain et d’obéissance aveugle aux règles. N’oublions pas aussi qu’en 2007, Christian Vanneste, député UMP-CNI du Nord, a envoyé à des établissements scolaires l’ouvrage « Homme et femme, il les créa », condamnant les théories de l’évolution et l’homosexualité.

Il y a une persistance des liens structurels entre Etat français et autorité vaticane. Le Président de la République a accepté le titre de chanoine. Christine Boutin, actuelle ministre du logement et de la ville, est nommée depuis 1995 au Conseil Pontifical pour la famille du Vatican, et son cabinet ministériel compte un prêtre, Jean-Marie Petitclerc. Ces exemples constituent une attaque contre la laïcité instituée par la loi.



Une attaque contre les femmes

Les propos à l’encontre des femmes et de leurs droits tenus par l’Eglise catholique en général, et par Benoît XVI en particulier, sont rétrogrades, sexistes, misogynes et lesbophobes. Dans sa lettre aux évêques de l'église catholique sur la collaboration de l'homme et de la femme dans l'église et dans le monde, il semble nécessaire à Ratzinger de rappeler les paroles prêtées à Dieu envers Eve, suite au prétendu « péché originel » : « Le désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi » (Genèse, 3, 16).

La supériorité divine des hommes sur les femmes organise la société dans toutes ses sphères : Ratzinger ajoute que « les femmes qui le désirent librement pourront consacrer la totalité de leur temps au soin du ménage […], tandis que celles qui désirent avoir d’autres activités pourront le faire, avec des horaires adaptés, sans être mises devant le choix de devoir sacrifier leur vie de famille. » A l’heure où les femmes occupent une large part des emplois précaires et consacrent une majorité du temps qu’il leur reste au travail domestique gratuit, Benoît XVI tient à leur rappeler leur place : le foyer et la famille. La famille, défendue par Ratzinger, est surtout le premier lieu de la violence domestique.



Une attaque contre le droit à la contraception et à l’avortement

Le catéchisme de l’Eglise catholique perdure : « le plaisir sexuel est moralement désordonné quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d’union. »

Puisque la norme est que sexualité et reproduction soient intimement liées, c’est tout d’abord au droit à l’avortement que l'Eglise catholique s’en prend. Des milliers de femmes meurent chaque année dans les pays où l’avortement est illégal. Là où il est légalisé, le droit des femmes à disposer de leur corps est attaqué sans relâche. En France, où 40 % des femmes avortent une fois dans leur vie, les services hospitaliers qui le pratiquent sont de moins en moins financés, sous l’influence d’un lobbying actif de l’Eglise catholique. Cette dernière promeut également l’extension de la clause de conscience – le droit des médecins à refuser de pratiquer l’avortement notamment – et indique qu’il s’agit d’un devoir.



Une attaque contre nos vies : le pape complice de la propagation du VIH

L’Eglise catholique s’en prend globalement à la majorité des moyens de contraception, y compris le préservatif qui permet de se protéger de nombreuses maladies sexuellement transmissibles et, notamment, du virus du Sida (VIH).

Dans un contexte mondial où la pandémie du VIH progresse et fait des ravages, continuer d'interdire des méthodes de protection des vies humaines, comme le préservatif, qui sont simples, peu coûteuses et efficaces est criminel.



Une attaque contre le droit de choisir son genre et sa sexualité

La Bible condamne l’homosexualité et Ratzinger décrit « l’inclination particulière de la personne homosexuelle » comme « un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral ».

Par ses propos, l’Eglise permet de légitimer toutes les discriminations et violences commises envers les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transexuel-le-s et intersexes (LGBTI). Elle fait perdurer un ordre moral qui condamne à la sous-citoyenneté toutes celles et ceux qui ne veulent pas s’y conformer. Cet ordre suppose qu’il n’existe que deux genres, « naturellement » déterminés par deux sexes, hommes et femmes nécessairement complémentaires, niant ainsi l’existence des personnes transgenres, transsexuelles et intersexes.



Une attaque contre la solidarité et les luttes sociales

A propos des immigré-e-s, le Pape a souligné que quiconque leur apportait son aide devait le faire « dans le respect de la loi faite pour assurer le bon déroulement de la vie sociale. » On voit que quand il s’agit de gens que la police rafle et emmène en centre de rétention, les capacités de protestation de l’Eglise catholique ne se sont pas beaucoup améliorées depuis la Seconde guerre mondiale.

Mais, plus globalement, Benoît XVI tient à envoyer un message clair contre l’émancipation : « il serait criminel de prendre les éléments de la piété populaire et de les orienter vers un plan de libération purement terrestre, lequel se révèlerait rapidement comme rien d’autre qu’une illusion ». Pour tous et toutes les opprimé-e-s, pour tous ceux et celles qui voudraient lutter pour voir leur situation s’améliorer ou qui aspirent à un monde meilleur, il suffirait de courber l’échine pour pouvoir atteindre le bonheur… mais seulement après la mort.




Nous sommes contre la violence et les discriminations de l’Eglise.

Nous sommes pour le droit de faire ce que nous voulons de notre corps, sans avoir à répondre à une norme, à une esthétique, qu’elle soit religieuse, sociale ou idéologique. Nous sommes pour le droit de choisir nos sexualités, sa/son/ses partenaires. Nous réaffirmons que l'accomplissement des femmes ne passe pas par la maternité, qu'elle n'est pas un destin biologique mais doit rester un choix.

Nous exigeons :

- que l’Eglise ne s’immisce pas dans la politique,

- que l’Eglise arrête de faire des déclarations criminelles,

- que les gouvernements français mettent tout en place pour s’affranchir de l’idéologie catholique,
- le libre accès et la totale gratuité des moyens de contraception et de l’avortement.





Signataires : Marche Mondiale des Femmes (MMF), Panthères roses, Alternative libertaire (AL), Offensive libertaire et sociale (OLS), Scalp , Collectif National Droits des Femmes (CNDF), Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception (CADAC), Collectif libertaire de Bourges, Coordination des Collectif Unitaires pour une Alternative au Libéralisme de l'Hérault, Coordination Femmes égalité, Scab (Suisse), Fédération Sud-PTT, Ligue du droit des femmes, Mouvement Français pour le planning familial (MFPF), Dones D'Enllac (Catalogne), Collectif de pratiques et de réflexions féministes "Ruptures", Réseau féministes "Ruptures", Act-Up - Paris, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) - Marseille, Union Syndicale Solidaires, Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie (ACTIT), SOS sexisme, National Secular Society (Angleterre), Espoirs de femmes, Coordination égalité, Les Alternatifs, Mix-Cité - Paris, Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR), Gauche Alternative 67, Initiative féministe européenne (IFE) - France, Maistatezitte (Italie), Les amis de la commune
par RTP


Source : http://remballe-ton-pape.over-blog.com/

mardi 24 juin 2008

Jésus-Christ a existé ? la bonne blague...

Bonjour à tous,

Vous trouverez un forum concernant ce sujet à cette adresse :

http://forums.lesoir.be/index.php?showtopic=10665


Aucune preuve digne de ce nom !

L'arnaque est énorme... Plus c'est gros et plus ça passe...

Le fond des religions, ce n'est que le pouvoir... La forme utilisé est le spirituelle. La seule forme possible, le seul prétexte valable... Pour pouvoir agir sans être jugé... Par des hommes.

Jugez-vous même est allez faire un tour sur le forum du soir...

Bien à vous,

Votre dévoué

jeudi 21 février 2008

Dialogue sur la laïcité avec un croyant suite à un mail qui présentait le site www.dieunexistepas.com

Subject: Re: Du nouveau sur le site www.dieunexistepas.com
Date: Tue, 19 Feb 2008 21:52:01 +0100

Madame, Monsieur,

je suis allé sur votre site suite à un courriel reçu de votre part.
Je suis croyant, catholique, et respecte totalement l'athéisme. Je n'ai
aucune envie de tenter de répondre à tout ce que j'ai lu sur votre site. Il
y aurait beaucoup à dire - des choses intéressantes (mais que je ne
connaissais déjà (les parallèles entre les mythes bibliques et d'autres
mythes, et qui ne troubleraient aucun croyant...), des choses contestables,
des choses scandaleuses (vos phrases sur l'antisémitisme...).
Il faudrait que vous alliez plus loin. Que vous relisiez la Bible - non
comme un livre d'histoire, de science, ou je ne sais quoi, mais comme un
livre de vie. Les malentendus seraient trop grands pour que nous puissions
parler sérieusement, profondément. Moi, je ne cherche à vous convaincre de
rien; alors que vous semblez vouloir convaincre la Terre entière que
l'athéisme est la seule voie possible.
Enfin, je regrette l'anonymat de votre site. Etes-vous si peu fier de vos
convictions que vous ne puissiez donner votre nom? A moins qu'il s'agisse
d'un simple oubli? "C'est vous ce que les gens courageux sont distraits"
disait Desproges.
En tout cas, la laïcité nous permet de vivre ensemble, défendons-la
ensemble.
Je vous salue bien,

Aurélien ...

Voici ma réponse :

Bonjour,

Merci de votre message.

Je comprends fort bien qu'il peut être frustrant de ne pas savoir à qui l'on s'adresse et veuillez m'en excuser !

Je vous le dis en plaisantant : vous n'avez jamais vu dieu et cela ne semble pas vous déranger...

Cet anonymat est volontaire, car je ne souhaite pas que mes autres activités souffrent de mon athéisme.

En effet, si nous avons le droit d'être athée au sein de notre état laïque, il n'est pas toujours bien vu de le prôner...

Au risque de vous surprendre, je suis pour la tolérance, mais elle doit aller dans les deux sens.

Vous pouvez vous dire que le site www.dieunexistepas.com est une "attaque" contre les croyants. Ok, je vous le confesse.

Mais ne pensez-vous qu'il en va de même quand j'entends le pape dire que les lois divines sont supérieurs aux lois des hommes ?

Je pense que c'est vivant et aux yeux de tous qu'il faut assumer nos erreurs et pas une fois mort, devant un dieu hypothétique.

Il y a certes de bonnes idées dans ce livre de vie qu'est la bible. Il y en a aussi de forts mauvaises. Comment faire le tri et surtout pourquoi puisque c'est la parole de dieu ? Comment empêcher un intégriste de ne pas légitimer les plus néfastes ?

Je pense qu'il y a de bons croyants, mais je crois que leur bonté est en leur humanité. Ils ne deviendraient pas des monstres s'ils cessaient de croire...

Un croyant qui défendrait la laïcité, serait aux yeux du texte biblique un mauvais croyant :

"Ainsi, dit le Seigneur à son peuple, si ton frère, fils de ta mère, ou ton fils ou ta fille, ou la femme qui repose sur ton sein, ou l'ami que tu aimes comme toi-même, t'incite secrètement en disant :
Allons et servons d'autres dieux ! des dieux que ni toi, ni ton père n'ont connu,… tu ne jetteras pas sur lui un regard de pitié, tu ne l'épargneras pas, tu ne le couvriras pas. Mais tu le feras mourir, tu dois le tuer, que ta main soit la première sur lui pour le mettre à mort…"
(Deutéronome 13:6)

Au fait, pour vous la tolérance, le bien c'est :

"Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux."
(Lévitique 20:13)

La dernière fois que j'ai parlé de ce passage à un croyant, il m'a traité de tapette ! Je ne le suis pas et quand bien même...

Je ne suis pas certain que les deux extraits que je viens de vous citer ont leur place dans la charte des droits de l'hommes.

Bien-sûr, l'histoire a connu des despotes se revendiquant athée. L'avantage c'est qu'on pouvait toujours tenter de les mettre en prison. On ne peut pas forcément en dire autant des pédophiles protégés par le Vatican (voir la note du pape "crimen sollicitationis")

La tolérance doit aller dans les deux sens...

Une dernière petite chose : je trouve aberrant de subventionner les cultes alors que l'enseignement et la culture manque cruellement de moyens !

Il n'y a déjà plus beaucoup de monde dans les églises et je pense que si la représentation devenait payante, il n'y aurait plus personne...

Bien à vous,

jf

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dimanche 28 octobre 2007

Poème complet qui se trouve partiellement sur le site

www.dieunexistepas.com

Évidemment

Après la vie, c’est fichu
T’as beau y croire,
Pas de salut
Ce n’était qu’un abreuvoir,
Tu n’as suivi que le chemin
D’un sursis, t’avais besoin d’un copain
Pour te tenir la main
Pour te lever le matin.
Demain, c’est la mort
Et pas l’aurore
D’un lendemain.
Quand tu es mort, c’est la fin.

Tes convictions sont millénaires,
Mon intuition est terre-à-terre.
Assis sur ton perchoir
Tu en as oublié la cage
C’est moi qui ai le crachoir
Vous n’êtes que des otages.

La foi n’est pas toujours une question
De choix. Vu l’embarras parfois
d’avouer que l’on ne l’a pas vraiment
Le choix. Croyant victime des traditions
Inculquées de génération en génération.
On échoit sur la plage des ses tourments
Et si des fois, vous entendez des voix
Ce sont celles de la soumission.

Le père, le fils et le pauvre d’esprit
Pris dans l’engrenage, alors ils prient

Ne vous en faites pas, au final
Dans votre résonnement bancal
Le purgatoire aura raison de ma morale.
Pas de quoi enfourcher vos sandales
Et d’en faire un scandale,
Ce n’est qu’un mécréant qui vous parle.

Ma maison a un toit
Le tien est dans les étoiles
Qui payera l’ardoise
L’humanité en générale.
L’Expiation fera de toi
Un martyr vivant derrière le voile
Des paroisses qui pavoisent
En attendant ton dernier râle.

Tu n’as pas un radis
juste l’espoir d’un paradis.
Tu rêves d’ascensions
Et végètes sans ambition
En acceptant ta condition
Fantassin au bataillon d’une religion
Assassins en sursis d’une procuration.
Que d’Innocents tombés pour une illusion !

Dans la peur du jugement divin
C’est la peur qui est ton seul larcin

De quelle époque les croyances sont fiables ?
C’est notre dieu à nous qui est le bon !
Ou c’est le même qui tente le diable
En changeant de costume, de coutume et de nom ?

Avant que jésus passe à table
À qui fallait-il vendre son âme ?
À se demander si ce n’est pas une fable
Pour nous fidéliser à leur came !

Une métaphore de l’ivresse en vain
Dans une amphore vide de vin.

Un jour, l’homme, libéré de ses croyances
Découvrira la raison de sa maigre pitance.
Nos péchés deviendront des fautes
qu’il faudra bien assumer
sans en référer aux hautes
Instances qui pouvaient nous pardonner.

L’excès nuit en tout
Dans votre cerveau vit un fou
Qui vous dit œil pour œil, dent pour dent,
Les méchants, ce sont les suppôts de Satan,
Et tous les pédés ou tous les gens
Qui votent pour l’avortement.

Réveille-toi, il n’y a pas de nirvana,
Le père Noël bosse pour coca-cola.
C’est à qui vendra le mieux son blabla
C’est grâce et cætera, parce que et cætera

Dans le ciel se trouve le seuil
De ma crédulité.
Dans votre sac à dos, vous portez le deuil
De notre liberté d’exister

Ce n’est pas de l’esbroufe, ni de l’audace
Votre vérité n’a pas de reflet dans la glace.

De ce chêne, vous en êtes les glands
Une chaîne faite de croyants
Marchant à contre-courant
De l’éthique.
Reniant les vents
De la logique
En préférant
Un dieu unique
Aux pouvoirs magiques.

Évidemment !

C’est rassurant de pouvoir se rassurer
Tire les ficelles et c’est le pouvoir assuré.
L’or à votre cou vaut plus que sa croix
Il n’y a pas de dieu, c’est le pognon le roi.


Tu as peur de mourir
Pas de quoi en sourire
T’as défaite est de croire
en une potion illusoire
qui te donne la force
imperméable d’une écorce
en fer forgé
que l’on ne peut forcer
parce que le doute
ne fais pas partie de la joute.

Havre de paix
Facile et désuet.

Tu es
Je suis
Et l’on se tait.
Parce qu’il faut se taire
A chacun de cultiver sa terre
D’amertume
De coutume
Un costume que l’on se taille
Parce qu’on n’est pas de taille
A assumer notre peur
A assumer nos erreurs
A mourir sans les honneurs
D’une tombe sans les fleurs
De la reconnaissance
du fil de notre errance

On rêve d’autres aurores
Qui nous ramènerons à bon port

Je ne suis pas d’accord
Croire en dieu c’est être déjà mort
Dans ce pire c’est vous le meilleur
Il faut vous mettre à la hauteur
De l’humanité qui veut corriger ses erreurs
Sans se déculpabiliser par un imposteur
De bienfaiteur…

Lettre ouverte à un croyant (Témoignage de SÛRYÂ SATJADITH KRISHNAN)

LETTRE OUVERTE À UN CROYANT

Témoignage de SÛRYÂ SATJADITH KRISHNAN

Ce témoignage a ému toute l'équipe d'athées endurcis que nous sommes. Lettre réponse de notre amie Sûryâ à un correspondant qui lui demandait les raisons de son antireligiosité, l'émotion qu'elle inspire se passe de commentaires. Des raisonnements médicaux, sous forme de rapport compréhensible par tous sont en cours d'élaboration. Ceux-ci sont stupéfiants : la religiosité est une dangereuse névrose.

Je suis née à Pondicherry, au Sud de l'Inde, où j'ai toujours vécu. Récemment, j'ai trouvé un poste à Bombay pour terminer mes études et j'y réside encore. J'ai cependant un peu voyagé dans les pays voisins et ai passé quelque temps à Genève, en Suisse, grâce à un projet de l'OMS où j'avais participé. Un court séjour de 6 mois.
Je suis donc francophone, née d'un père hindi mais d'une mère chrétienne. Cette religion est minoritaire en Inde où l'influence des autres religions dominantes s'est bien entendu intégrée à mon vécu et à ma culture.
Je ne suis pas scandalisée par vos propos, ni me revendique d'une aussi grande différence culturelle que vous avez supposée par quelques préjugés et par l'interprétation de mon nom et prénoms; ce qui n'est pas un reproche. Je suis cependant indignée par cette idyllique vision d'un Jésus, prophète du bien, qui aurait apporté une notion d'amour et de... mettons de tolérance. Ceci venant principalement de deux phrases qui sont tout le fondement de la "philosophie" chrétienne: "Si on te frappe la joue gauche, tends la droite" et " Aimez-vous les uns les autres..." (Je simplifie si vous le permettez.).
Je vous épargne la stupidité de la première, que je pourrais accuser d'être responsable de la passivité et du défaitisme devant l'adversité, en espérant une vie meilleure dans l'au-delà, et j'aurais beaucoup de peine à vous expliquer le lieu commun qu'est la seconde s'il n'était pas une évidence, car je ne serais sans doute pas née pour en témoigner...
Croyez-vous vraiment que Jésus ait inventé l'humanisme et l'amour sur terre ? Que les gens de son époque et bien avant lui ne savaient pas partager et n'aimaient pas leurs amis et leurs enfants?
Que faites-vous de toutes les paroles prêtées à Jésus qui affirment tout le contraire ? Et de toutes les actions que des gens ont commis par la suite au nom de cette idéologie appelée "Christianisme"?
Jésus dit: " Je suis venu pour diviser les hommes entre eux et manifester exactement ce qu'ils s'efforcent de cacher. Ce sera tellement terrible que les gens d'une même famille seront capables d'oublier leur amour et de se déchirer entre eux: le père contre son fils, la fille contre sa mère, la belle-fille contre sa belle-mère, en fait, ton pire ennemi sera celui qui vivait sous ton toit ou qui fréquentait ton assemblée. Mais si tu aimes ton père, ta mère ou ton assemblée plus que Moi, tu n'es pas digne de Moi. Si tu ne choisis pas de renoncer à tout cela, même si ça t'écrase comme ce morceau de bois qu'on m'a collé dessus, que j'ai dû traîner sur des kilomètres, et sur lequel finalement on m'a cloué, si tu ne prends pas ta croix toi aussi, alors tu n'es pas Mon disciple. Si tu veux te cacher et continuer de vivre tranquille, cette vie que tu veux sauver, tu la perdras. Mais si pour Moi tu perds ta vie, alors tu la retrouveras. "
Je ne vous ferai pas l’affront de vous citer l'inspiration de ce résumé et ne vous demanderai pas non plus d’explications théologiques. Je vous le cite simplement pour illustrer les notions de partage version Jésus ; et je vous épargnerai aussi mes commentaires sarcastiques…
Revenons sur les conséquences de cette idéologie: Nieriez-vous l'inquisition au nom du Christ ?? Les croisades au nom du Christ?? Les pogroms latins au nom du Christ?? Et comme s'il n'y avait que ça! Le christianisme ne s'est pas arrêté aux frontières de l'Europe.
L'Église et les hommes, au nom des différentes religions, continuent leurs atrocités et continueront encore au XXIme siècle. Vous ne pouvez le nier, mais votre foi (??), par je ne sais quel processus neurologique, vous empêche de le prendre clairement en considération .
Sans doute allez-vous me rétorquer que ce sont les gens et non pas leur religion qui ont commis ces crimes ? Alors suivons un petit raisonnement simple, sans aucune intention insultante (je l'ai copié du courrier d'un ami européen) :
1) Les doctrines religieuses sont directement liées aux actions commises en leur nom, et réciproquement (et peu importe les très diverses interprétations personnelles du message de ces mythologies). Prétendre le contraire reviendrait à affirmer que le nazisme est indépendant de ce que les nazis ont fait au nom du nazisme. Il y avait sans aucun doute des nazis honnêtes et humains... Le nazisme pourrait-il être réhabilité pour autant? Je ne le pense pas, et vous?
Petite métaphore qui rend le tout limpide comme l'eau bénite:
2) Je crois (lisez JE CROIS) en l'être humain et en sa sociabilité naturelle ; c'est donc l'endoctrinement qui le rend mauvais et criminel à mes yeux. Toutes les abominations exécutées par de grands groupes d'hommes, soit des actions de masse, viennent d'un endoctrinement et non pas de leur méchanceté naturelle. Pensez-vous vraiment que les croisés étaient d'une méchanceté naturelle? Que des millions de Pakistanais soient plus mauvais que leurs voisins? Que les catholiques, la nuit de la Saint-Barthélémy étaient plus diaboliques que les protestants? Que les indépendantistes musulmans philippins soient des barbares?
3) Pour cette même RAISON, et suivant ce même raisonnement existentialiste, les actions vertueuses des gens sont imputables à leur altruisme naturel et non à leur foi religieuse. Et cela répond à une de vos questions concernant les bonnes actions commises par des croyants. Choses qui sont dues à leur bonté, leur honnêteté ou leur penchant vers le bien...
C'est donc une totale absurdité que de séparer un dogme ou une religion de ses conséquences, de même qu'il est absurde de séparer la théorie (scientifique, modèle mathématique) de la pratique (expérimentation, applications) ... Chacune confirmant et explicitant l'autre. L'une ne va pas sans l'autre.
C'est, à mon avis, la principale rhétorique des croyants pour échapper à l'évidente monstruosité de leur religion: " (Dieu ou Allah, Jésus ou Muhammad, l'Église ou la religion) n'est pas responsable de ce que d'autres (des hommes) ont commis en son nom". Or tout, aussi bien l'histoire que la logique, la science que la métaphysique (pour une fois qu'elle sert à quelque chose) démontrent le contraire...
Une idéologie est directement liée à ses conséquences et réciproquement. Plus on avance dans l'athéisme, qui est plus souvent issu d'un instinct, un refus, une révolte, plutôt que d'une profonde conviction, et plus on se rend compte qu'on a fichtrement raison d'être une humaniste athée et de lutter contre ces abominations appelées Jésus, Muhammad, Judaïsme, Hindouisme, etc. etc.
L'idéologie chrétienne, à elle seule, a fait plus de victimes, AU NOM DE JÉSUS, que cent holocaustes. Que dis-je, il n'y a pas de terme pour définir la monstruosité, par le nombre et la manière, des crimes, abus et répressions que cette église a commis et commet encore !!... Pour ne vous citer que celle-ci. L'hindouisme opposé à l'Islam la talonnent de près.
Là où je veux en venir est au point suivant : ce que vous avez insinué entre les lignes (sans doute involontairement) est une négation de l'évidence, un rejet de l'Humanité. Affirmer que "La Religion rend l'Homme meilleur", avec tous les contre-exemples qui parsèment l’histoire, se comptant par millions, est soit la démonstration de votre intellect défaillant (or je sais bien que non), soit une totale absence d'esprit critique (je ne le crois pas non plus), soit la démonstration que la religiosité, même une toute petite ferveur religieuse, aveugle les sens et la raison (et c'est le plus probable dans votre cas). C'est une grave affirmation que la vôtre. Mais vous n'êtes pas une minorité à le penser, et je n'éprouve aucun mépris envers vous.
Il existe bien d’autres idéologies ou sources du mal sur cette planète, pourquoi les athées en veulent-ils expressément à la religion ? Je ne puis parler au nom de tous les athées de cette terre, mais si je lutte particulièrement contre les religions, islam, hindouisme et christianisme, c’est parce qu’aucune autre idéologie sur cette planète n’a réussi, comme celles-ci, à si bien camoufler leurs intentions et forfaits, tous basés sur un credo d'impostures, au point d’être parvenues, surtout cette dernière, à "devenir" une institution universelle, respectable, respectée, et prêcheuse de moralité ! Ce démagogique statut la rendant encore plus dangereuse.
Et elle a beau avoir plus d’un milliard d’adeptes elle est la plus grande abomination de cette illustre planète. En défendant contre toute raison et évidence une cause, une mythologie aussi indéfendable, ignoble et criminogène, les croyants - par leur aveuglement - en deviennent complices.
Je manque de mots pour exprimer à quel point je suis indignée et dégoûtée quand j’entends les représentants des églises, quelles qu’elles soient, parler de morale et d’humanisme ; ainsi que les non religieux prétendre qu'elles apportent globalement du bien. Et je ne vous parle pas des athées qui les dénoncent, qui s'en vantent, mais sans chercher à les combattre par tous les moyens à leur disposition.
Je vous crois réellement un homme intègre qui cherche des réponses à des questions… Étonnez-moi par votre ouverture d’esprit, mais s'il vous plaît, n'insultez plus mon intelligence en me citant la fameuse Mère Térésa que j'ai personnellement rencontrée lorsque j'étais plus jeune. Cette grande dame était l'exemple même d'anachronisme et d'absence de raison qu'engendre la religiosité. Un exemple de plus des aberrations que "l'Église sanctifie mais que la justice devrait faire pendre" (1). Une monstruosité rétrograde, défenseur de la douleur, contre l'avortement, contre la contraception, contre l'euthanasie, contre le divorce, contre tout progrès social, contre les NEUROLEPTIQUES, CONTRE LES ANALGÉSIQUES, CONTRE LES ANTIBIOTIQUES !!!
Un groupe d'inspection avait fait un virulent rapport sur ces mouroirs de Mère Térésa qui manquaient des plus élémentaires et indispensables médicaments, ne serait-ce que pour soulager la douleur. Leurs pharmacies étaient quasiment vides... Par manque de moyens? Certainement pas. Par intention quelque peu délibérée, inspirée de cette religieuse vertu de la souffrance. En revanche, ces cinquante-cinq kilos de MERDE (je pèse mes mots) qu'on appelait "Mother Teresa" voyageaient en jet privé et ont fait construire des hospices et couvents un peu partout, grâce aux donations des plus grands dictateurs de cette planète. Des dictateurs qu'elle a systématiquement défendus face à l'opinion publique en échange de leurs donations ! Puis l'affaire fut étouffée, le politiquement correct eut gain de cause.
Dans la ville de Madras, un agent de police est corruptible pour 10 roupees, un juriste pour 50, un avocat pour 100, et un juge pour 500.. à Calcutta, vous divisez les montants par deux. Si vous êtes chrétienne ou musulmane, ces représentants de la loi doubleront leur prix...
Pour terminer, je vous informe que je vous admire pour votre bon sens dans d'autres domaines que vous abordez, et que vous faites partie des gens que j'aurais vraiment aimé avoir pour amis. Si je me suis trop avancée en vous imaginant un défenseur et admirateur de faux-prophètes-humanistes, je vous fais mes humbles excuses et admets que ce long courrier est inutile et non avenu.
J'ai failli oublier de répondre à votre première question " Qu'est-ce qui vous fait vivre, quel est le sens de votre vie ?"
Je continue ma spécialisation en psychiatrie et m'occupe en ce moment de suivre le rétablissement et la réintégration sociale de femmes victimes de viols et de violences graves, la plupart sont des prostituées ou des femmes répudiées. Je ne m'immisce pas dans leurs croyances mais tente cependant de les rassurer sur la possibilité qu'elles ont de ne pas revenir dans le cercle d'où elles sont issues, et de ne pas accepter leur sort comme une fatalité. Cette passivité indienne est encore plus aggravante chez la minorité chrétienne et musulmane qui, en plus, espère une vie meilleure au paradis. Ce n'est pas cet espoir qui rend leur vie supportable, c'est ce faux-espoir qui les plonge dans l'horreur du fatalisme.
L'amélioration de leur condition de vie par l'effort, par la réflexion, par le rejet des traditions fatalistes est ce que je leur propose comme matière à réflexion. Sinon, le gros de mon travail est le traitement des traumatismes et le suivi des graves ou petites psychoses. C'est pour l'instant le sens de ma vie, des cas particuliers que j'appelle par leur prénom. Je ne raffole pas des théories vous savez, ni des utopies, je ne m'occupe que de cas concrets qui anéantissent ces grandes utopies dogmatiques. Et cela me fait vivre (mal, car les honoraires en Inde sont très faibles) mais aussi mourir. J'ai été tabassée à deux reprises par des membres de la famille de victimes que j'avais soignées et défendues. Lors de ma dernière mise à tabac, les deux agresseurs ont tenté de me violer. Mais j'en suis ressortie sans grand mal car j'en ai l'habitude: c'était la troisième fois qu'on essaye de me violer. Les deux premières furent bien plus douloureuses. Tous ces agresseurs sont en liberté. J'ai peur de déposer plainte car c'est précisément dans un poste de police que je me fis violer la première fois.
J'en garde de mauvais souvenirs, une légère paralysie de l'oeil droit et quelques maux de tête. Mais ce qui m'ennuie le plus, c'est que les quelques prétendants au mariage que j'avais se sont tous volatilisés.
Je vous assure que je ne pleure pas sur mes petites misères en vous écrivant. C'est en pensant à ces filles que je soigne, et en pensant à vous qui, peut-être, n'allez pas bien saisir l'intention de mon long courrier, ni croire à quel point mon rejet des idéologies religieuses est total et, non pas issu d'une longue réflexion, mais empirique, par des observations sur le terrain: il existe une "courbe incidente" tellement flagrante entre ferveur religieuse et violence conjugale, entre criminalité et intégrisme religieux, entre inégalités des sexes et dogmes religieux, que je me demande, puisque cela a nécessairement été constaté dans d'autres études statistiques, comment la profession (l'enseignement) de la religion n'est pas encore illégale, comme sont illégaux les écrits et actes racistes dans beaucoup de pays. Rien n'a jamais été publié à ce sujet. Mes différents rapports, mes tentatives d'information ont été censurés puis confisqués. J'ai été sévèrement réprimée.
Je ne sais pas qui vous êtes, vous qui me lisez par Internet, ni si vous avez du pouvoir en Europe, mais j'imagine que oui, puisque vous avez l'Internet... J'aimerais que cela se sache: On souffre et on meurt par la religion dans le sous-continent indien ! Les enfants et les femmes en premier. Et il est dangereux de l'affirmer ouvertement. C'est un appel au secours.
Votre dévouée Sûryâ Satjadith Krishnan
(1) Citation inspirée de Sade - (je suis contre la peine de mort)

samedi 27 octobre 2007